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Amberd 4.La vie dans le château.

La vie dans le château

La vie quotidienne de l’Arménie au Moyen Âge était identique aux autres pays du monde féodal, avec les seigneurs et leur famille, une escorte de femmes de chambre, des serviteurs et des scribes, engagés sous contrat dans les maisons royales des seigneurs.

Nous avons une image romantique sur le quotidien d’un château, renforcée par des romans et des films hollywoodiens, mais en réalité la vie dans un château, même pour les châtelains et leur famille, n’était pas si facile.

Il n’y avait pas de chauffage central. Les cheminés et les foyers, qui devaient être efficaces, n’étaient réservés que pour le seigneur et sa famille. Les serviteurs, les soldats et les autres habitants du château se contentaient de petites lampes et frissonnaient durant les nuits froides médiévales. De même, durant les mois les plus chauds de l’année, l’intérieur du château était « habité » par une humidité fraîche ; les habitants du château préféraient ainsi être le plus longtemps possible en plein air, jouissant de la chaleur solaire.

Le jour commençait au lever du soleil, quand l’un des gardes trompetait, en annonçant le début de la journée. Les serviteurs commençaient à remuer dans les pièces du château, en allumant les feux dans la cuisine et les salles, en préparant le petit déjeuner pour la famille du seigneur. Puisque le dîner ne se servait qu’à midi, ils avaient à leur disposition quelques heures pour effectuer d’autres tâches, tandis que les ragoûts et les potages bouillonnaient dans les pots en fer. Ils avaient la charge de balayer et frotter les planchers, vider les poubelles, laver les bassins.

Dès que le seigneur et sa dame se levaient, les femmes de ménage se mettaient à nettoyer leur appartement, vidaient le pot de chambre et lavaient les bassins. Une rude journée de lessive commençait pour les blanchisseuses. Un petit déjeuner était pris par tous, quand le seigneur et sa famille allaient à l’église pour le service matinal.

Le seigneur, possédant de grand terrains avec des villages et leurs habitants, passait chaque jour un temps énorme pour la gestion de ses affaires, en travaillant fermement avec son conseiller, qui était le plus souvent une figure religieuse. L’église était impliquée profondément dans les affaires religieuses, ainsi que celles politiques. Plusieurs évêques et hommes d’Etat (Magistros Pahlavouni parmi eux) prenaient des décisions internationales et réglaient les problèmes intérieures.

Les hommes pratiquaient la chasse qui était un rite bien organisé, commencé dès le matin. Ils chassaient des sangliers, des cerfs, des bouquetins, des mouflons, ainsi que des ours et des panthères.

La maîtresse du château, ayant une escorte de femmes de chambre et des servantes, passait une grande partie de sa journée à régler et à surveillait leurs tâches. Elle gérait aussi les travaux des fileuses, des tisserandes et des brodeuses, même ceux du personnel de cuisine.

Quand une troupe stationnait dans un château, elle s’installait dans sa garnison. La garnison comprenait des chevaliers («Aspètner»), des gardes , des gardiens et des soldats. Dans la garnison chacun avait sa responsabilité et sa propre compétence : archer, lancier, escrimeur etc. La guerre médiévale était sans doute un processus extrêmement complexe, malgré la simplicité des armes.

Les châteaux devaient être un endroit bruyant et puant. Le bétail errait dans les écuries, les forgerons dégageaient un bruit de métal émanant de leurs ferronneries, les soldats pratiquaient leur quotidien, les enfants jouaient et criaient après les cours. Les artisans travaillaient diligemment dans la section intérieure, y compris ceux qui « fabriquaient » les armures, les ustensiles de cuisine, les cerceaux pour les barils de stockage. Les paysans comme les ménages du château trouvaient le temps pour leur loisir, et ils recevaient parfois des observations pour leur comportement, sans réagir.