Momik: Noravank

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Noravank 7.Eglise Surb Astvatsatsine (''Bourtélachène''), la tombe de Momik.

Eglise Surb Astvatsatsine (''Bourtélachène''), la tombe de Momik

Dans le territoire du complexe, l'église - mausolée à deux étages, construite pour le prince Bourthèle qui avait régné la région Sunik au 14ième siècle, occupe une place importante. L'église Surb Astvatsatsine, qu'on remarque dès qu'on entre dans le complexe monastique. Bourtélachène fut construite en tant que nécropole familiale.

Surb Astvatsatsine Bourtélachène est une des églises – mausolées importantes dans l'architecture arménienne, elle est l'œuvre tardive du sculpteur et architecte éminent Momik. Dans le plan de construction, il répète la structure de l'église Surb Astvatsatsine d'Aréni. Il est intéressant de voir surtout les linteaux des portails de l'étage tombal très ouvragés de thèmes sculptés (Vierge à l'Enfant accostée des archanges) et les hauts-reliefs du tympan du portail du deuxième étage (Christ en gloire, entouré des Apôtres Paul et Pierre). Les hauts-reliefs répètent souvent les motifs de l'Eglise Hovvi (Eglise du Pasteur) d'Ani.

Au sud de l'église on retrouve la tombe de Momik, sur laquelle se dresse un khatchkar modeste, sculpté par lui-même.

Le rez-de-chaussée creusé en sous-sol est réservé aux tombeaux familiaux. Il est remarquable par ses khatchkars et les hauts-reliefs des Apôtres. Sur le mur occidental on voit deux grands khatchkars, celui qui se trouve à gauche, est attribué à Momik (début du 14ième siècle).

L'escalier dessiné en marches trapèze mène à l'oratoire du deuxième étage, qui s'achève à l'est par un autel semi-circulaire. Au-dessus de l'autel on voit le haut-relief de Jésus Christ, entouré de deux anges et à l'est, au dessus de la fenêtre on voit le symbole de Saint Esprit.

La coupole s'appuie sur la rotonde à colonnes, reliée avec la masse aux sculptures identifiées aux quatre membres fondateurs. Les 12 colonnes de la rotonde sont ornées des hauts-reliefs des oiseaux et du portrait du prince Bourthèle, la maquette de la construction dans la main.

La façade de l'église est ornée des bas-reliefs qui semblent détachés de la pierre avec des sculptures voûtées, des arcs et de grandes croix. La façade orientale est ornée du blason de la principauté des Orbélian, au dessous composé de trois croix dont la médiale est entourée par un cercle, symbolisant le soleil. Les ouvertures des fenêtres du sud et du nord couronnent les hauts-reliefs voûtés.

Dans les coins des cadres, il y a quatre sirènes, des oiseaux et des portraits des têtes couronnées. Une telle pictographie était bien courante dans l'art médiéval arménien, surtout dans les sculptures, les miniatures, la broderie, l'orfèvrerie, la poterie et la céramique. L'origine exacte du symbole des sirènes reste inconnue, mais les fouilles des monuments urartiens, phrygiens et grecques en ont révélé plusieurs exemples et ils sont également mentionnés dans la Bible, dans la mythologie indienne et de la toison d'or. Ces symboles sont répandus aussi sur les blasons, ainsi que dans l'art plastique religieux de l'Europe et du Proche Orient du Moyen Age.

Les deux bas-reliefs du linteau de l'étage tombal et ceux sur le tympan du portail du deuxième étage sont l'œuvre de Momik, faite pendant la construction de l'église (1339). Le premier représente la Vierge sur le trône avec Jésus sur ses genoux, accostée des archanges Gabriel et Michel, les Lettres arméniennes conservées de chaque cotés de ces thèmes sculptés sont décryptée comme ''Mère de Dieu''. Comme dans les sculptures gothiques, ici aussi on voit l'expression du visage des sculptures, les plis vraisemblables des vêtements et le plan perspectif de l'image. L'image de l'Enfant est particulièrement expressive, avec les pieds croisés et le mouvement des mains.

Les hauts-reliefs du tympan du deuxième étage représentent Jésus Christ en gloire, entouré des apôtres Paul et Pierre. Les lettres arméniennes conservées dans de chaque coté de l'image du Seigneur, sont décryptées comme ''Jésus Christ''. La maîtrise de Momik de travailler la pierre nous permet de le classer parmi les architectes et les sculpteurs arméniens les plus éminents du Moyen Âge. Ses figures semblent se détacher de la pierre, et il est probable que dans ses portraits tardifs, il ait expérimenté un détachement entier de la figure de la base lithique.

La date <<ԹՎ ՉԸԹ>>, conservée sur l'archivolte du portail, où <<ԹՎ>> signifie « année » et << ՉԸԹ>> 789 . Les dates furent employées selon l'alphabet de Mésrop Machtots où chaque lettre arménienne a une valeur numérique. Les dattes sont d'après l'ancien calendrier arménien. Pour déchiffrer la datte, il faut ajouter 551 ( car l’année 552 est la première année du nouveau calendrierarménien). L'église Surb Astvatsatsine fut sacrée en 1339 ∕ 789+551 ∕ .