Tatev

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Tatev 5.Tatev et émeute de Tsouraberd.

Tatev et émeute de Tsouraberd

Au début du 10ième siècle, beaucoup de régions arméniennes ont connu des soulèvements de paysans qui étaient, tout d'abord, des protestations ouvertes contre les décrets des religieux.

Les chroniqueurs contemporains et le témoin Hovhannès Deraskhanakertsi décrivent les combats des paysans d'Aïrarat (la région historique en Arménie centrale et de l'est) contre leurs seigneurs et les propriétaires féodaux, détruisant leurs châteaux et leurs propriétés.

L'émeute de paysans fut aussi connu à Siunik. Après la construction de l'église St.Poghos Petros du monastère de Tatev, achevé en 906, la gérance des alentours fut transférée aux clergés du monastère par un décret spécial. En refusant le décret, les paysans de Tsouraberd, Tamalek, Avéladachte et ceux des autres villages, se lancèrent dans une lutte prolongée contre le monastère. Souvent, les protestations tournaient à un soulèvement ouvert.

Le monastère régnait sur les domaines alentours et sur les villages d'Avéladachte et Tamalek à l'aide des troupes de Sembat, le prince de Siunik. La soumission du village de Tsouraberd (aujourd'hui Sevarants) fut plus dure et plus sanglante. En 915, les paysans attaquèrent et pillèrent le monastère, en versant le myrrhe et en tuant certains clergés. Sembat écrasa finalement l'émeute, mais plus tard Tsouraberd se révolta de nouveau.

Les soulèvements, avec certaines interruptions, continuèrent jusqu'au début du 11ième siècle. En 1003, Vassak I, le roi de Siunik démolit Tsouraberd, en réprimant ses habitants, après l'assassinat de l'évêque du monastère.

Les chroniqueurs reliaient les soulèvements de l'hérésie de Tondrakian avec ceux des paysans qui ont émergé et furent écrasés durant la même période (9ième-11ième siècles).

Les Tondrakian représentaient une secte radicale, plutôt une hérésie sociale comme un Traité hérétique religieux. Ils soutenaient l'abolition de l'Église avec ses rites traditionnels et promulguaient l'égalité des classes et des sexes. Sur les questions d'égalité, les Tondrakian partageaient leurs convictions avec celles des Pavlikian ( une autre secte hérétique qui prospérait en Arménie au 7ième - 9ième siècles). Les plus radicaux parmi eux niaient l'existence de la vie après la mort et les droits de gérance de l'Église. En effet, les branches radicales professaient l'athéisme et prêchaient la guerre des classe.

Affaiblis à la fin du 10ième siècle, les mouvements des sectes furent éliminés, considérés comme une menace par le Vardapète Grigor Pahlavouni (Magistros) qui était le responsable byzantin des régions du sud d'Arménie et la Mésopotamie nord. Pourtant, l'agitation sociale, soulevée parmi les paysans, identique à Tatev, fut écrasée au 11ième siècle (1050-1053).

Rédaction et approbation du texte original faite par le Saint Siège d'Etchmiadzine.